C’est une affaire rocambolesque qui voit le jour en pleine rentrée scolaire et académique en République centrafricaine (RCA). D’une part, Collège de Paris Supérieur, nouveau venu sur la scène de l’enseignement superieur privé en RCA, et de l’autre, NewTech Institut, un des leaders du secteur. Les deux se retrouveront devant les tribunaux le 30 septembre 2024…Explications.
Dirigé par Jean Youtou, ressortissant camerounais, le Collège de Paris Supérieur Bangui, organisait en août dernier une remise de prix aux lauréats d’un concours en Marketing Digital.
On y remarque la participation de certains officiels centrafricains, tels que, le Ministre d’État à l’éducation nationale. Le Ministre de l’enseignement supérieur. Ou encore, le Maire de la ville de Bangui.
L’évènement suscite rapidement plusieurs interrogations au sein de l’opinion, ainsi que la curiosité de notre rédaction…Et cela, pas sans raisons.
Confusion ou Arnaque ?
En septembre 2023, Centrafrica, révélait la signature d’une convention de partenariat entre la Franchise, Collège de Paris, premier réseau d’établissements d’enseignement supérieur en France, et le franchisé, NewTech Institut, leader de l’enseignement supérieur en Centrafrique.
Cette convention dont notre rédaction a pu en consulter les bonnes pages, assure au franchisé, « l’exclusivité de la distribution du contenu des programmes académiques de la franchise, Collège de Paris International, en Centrafrique » stipule l’article 4 alinéa 1.1 dudit document.
Cependant, Collège de Paris Supérieur, affiche bel et bien, le logo et les programmes du Collège de Paris dans sa communication à travers les réseaux sociaux et panneaux publicitaires dans la ville de Bangui.
D’après une source auprès du Ministère de l’éducation nationale, des zones d’ombres entourent le dossier de cette nouvelle école.
Tout d’abord, le fait de se donner le nom Collège de Paris alors qu’un franchisé officiel de la plateforme française, en l’occurrence NewTech, existe en RCA.
Ensuite, l’école n’aurait pas reçu de l’État centrafricain, l’agrément final lui permettant de délivrer des diplômes en RCA, nous confiait un cadre du ministère au début du mois de septembre.
« Ils ont ouvert l’entreprise certes, mais il faut un agrément pour légalement délivrer des diplômes…Ils n’ont pas encore cet agrément, car jusque-là, Il y a encore plusieurs zones d’ombres autour de leur dossier… »
Interrogé sur la situation, un haut fonctionnaire français en poste à Bangui souligne :
« École Supérieure Française ou Collège de Paris Supérieur ? Hum… Je me méfierais quand même un peu. »
En août dernier, à l’occasion de sa remise de prix aux lauréats de son concours digital,
malgré la présence de deux (2) membres du Gouvernement Centrafricain, et du Maire de Bangui, fait marquant, aucun représentant de l’Ambassade de France ou de l’Alliance Française n’était présent.
« Surprenant, pour une école censée représenter une institution aussi prestigieuse tel que Collège de Paris… » observe un participant à la cérémonie.
NewTech porte plainte
Début septembre, notre rédaction a contacté les responsables du Collège de Paris Supérieur Bangui pour plus de précisions sur leurs activités et leur représentation.
« Nous sommes les seuls représentants du Collège de Paris à Bangui. Il est vrai que New Tech a signé un partenariat avec Collège de Paris International, mais il y a des arrangements qui ne sont pas stipulés par écrit dans ce partenariat. » explique un des responsables du Campus à Bangui.
Interrogée, la Direction de NewTech dément un quelconque arrangement, et affirme « ne pas être en affaire » avec Collège de Paris Supérieur Bangui, mais plutôt avec l’entite mère, Collège de Paris, dont le siège est en France.
NewTech Institut indique que la campagne de communication entamée par Collège de Paris Supérieur, est illégale et nuit à ses activités visant à dévelloper son partenariat avec Collège de Paris en RCA.
Selon nos informations, une plainte de NewTech Institut a été déposée au Tribunal de Commerce de Bangui à l’encontre de « son concurrent ». L’audience en référé est prévue le 30 septembre 2024.
À en croire un magistrat mis au parfum du dossier, Il s’agirait d’une procédure d’urgence dans laquelle le plaignant exige plusieurs choses, pami lesquelles :
la suspension totale de la campagne de communication sous le label franchisé « Collège de Paris« . Le retrait immédiat des supports marketing existants dans la ville et sur les réseaux sociaux. Ainsi que des dommages et intérêts évalués à plusieurs dizaines de millions de FCFA.
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