La lettre cinglante du Général Boguin à la Ministre de la Défense

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Permettez moi par la présente vous demander des clarifications, le Règlement de Discipline Général me l’autorise, avant de faire le prochain pas, celui de porter plainte contre le Département dont vous avez la charge pour :

1. détournement de la mission de l’armée au profit de tiers et immixtion de cette institution dans la vie politique d’une nation.

2. Violence et complicité de violence envers des loyaux soldats de la République appartenant à un groupe ethnique bien ciblé.

En effet, Madame le Ministre le décret no. 09411 du 10 Décembre 2009 portant Règlement de Discipline Général en son article 4, paragraphe 2, définit votre rôle, et vous êtes l’autorité indiquée à qui je peux m’adresser directement.

Le samedi 16 janvier 2021, une unité de combat avec : « 01 véhicule Hummer nblinde vitre fumée; un (01) 4×4 avec saiettes arrières remplie d’éléments et, un (01) BJ avec 14.5 mm monte au dessus », commandée par le Sous-lieutenant OUILIBONA Bienvenu alias « Pigeon ».

Une fois devant ma concession, ses éléments ont mis a joue mes deux (02) éléments de sécurité à l’entrée, ils les ont désarmés avant de faire irruption dans l’enceinte.

Mon épouse présente a vu des hommes en armes faire irruption dans sa concession commandés par un officier bien arrogant qui a oublié ce qu’il ait la force du soldat « le respect » lui dire qu’il est venu chercher le véhicule de fonction parce que je ne pars plus au travail.

Comprenez-vous l’effet que cela fait sur une femme et des enfants ? Non, je ne le pense pas.

C’est traumatisant, ma famille ayant déjà une période similaire pendant la crise militaro-politique de 2013 et elle en garde encore les stigmates.

Cet officier n’a pas présenté un ordre de service qui lui confiait cette mission ni a mon épouse ni à mes éléments de sécurité.

Pire encore, au moment des faits je n’étais pas présent à la maison, il n’a pas daigné poser la question de connaître ma position.

Il avait deux choses en tête: le matériel et l’effet majeur recherché, c’est à dire terroriser ma famille.

Eu égard aux déroulements des faits je voudrais bien avoir des clarifications avant de faire mon prochain pas souligné ci dessus.

⁃ Qui a envoyé la mission et pourquoi une unité de combat ? Suis-je dev eu un fugitif ou un putschiste pour envoyer tous ces moyens ?

⁃ Si c’est pour récupérer un véhicule de fonction pourquoi dear e mes éléments de sécurité et emportés les deux (02) armés AK 47 jusqu’aujourd’hui ?

⁃ A-t-il restitué les armes dans une armurerie ?

⁃ Ou que le véhicule se trouve, je joins en annexe la liste de mes effets personnels qui sont restés à bord, prière de me les restituer par le biais de votre Directeur de Cabinet service du protocole.

⁃ Selon mes éléments , une absence notoire d’un auxiliaire de justice (gendarmerie) dans a composition de la mission, pourquoi ? Est-ce une mission de type coupe de poing, ni vu ni connu ?

⁃ A leur retrait, mon trousseau des clés a été jeté par terre avec dédain et, un des éléments de dire à mes éléments de « dégager le poste regagner votre corps ».

Je rappelles que c’est par une note de service que ces éléments m’ont été affecté, donc officiellement.

Existerait-il une autre Note de Service les ramenant dans leur corps et dont je ne suis pas destinataire ?

⁃ jusqu’où les Officiers Généraux vont continuer a être humiliés par leurs subordonnés ?

⁃ Quelles seront les conséquences pour le devenir de notre armée ?

Fort de tout ce qui précède, je trouve que mon honneur, ma dignité de chef, sont bafoués, je ne me retrouve plus dans cette armée d’antan ou la discipline était le pain quotidien du soldat.

Madame le Ministre, je rappelle à votre attention que : je suis rentré à l’Ecole Militaire des Enfants de Troupe (ÉMET) Jean Bedel Bokassa le 27 Septembre 1969 à l’âge de sept (07) ans sous le numéro sous le matricule 008.

En 1981, j’ai signé un contrat de 10 ans dans l’armée avec un salaire de 7 713 FCFA et, aujourd’hui, j’ai 58 ans, l’âge de la 2ème section n’est plus loin.

De notre effectif (67) à l’entrée à l’EMET/JBB en 1969, nous sommes restés quatre (04) en activité, deux (02) Généraux et deux (02) Colonels.

Imaginez-vous un peu qu’est-ce que nous avions traversé pour en arriver là et encore apte.

Un demi siècle de ma vie dans l’armée, toute mon éducation est militaire et je suis jaloux de mon métier de soldat.

Ce n’est pas le fait de la récupération d’un véhicule de fonction qui m’intrigue, je ne m’apitoie pas sur ça.

Enfant de Troupe, mon défunt géniteur, paix à son âme, les week-ends, pendant nos sorties, venait me chercher à bicyclette. Il n’avait pas de véhicule mais une bicyclette.

Mes encadreurs m’appelaient « le fils du Boy ». Il fut maître cuisinier.

Mes promotionnaires et plus tard mes jeunes m’appelaient « Major » et j’en étais fier et je suis devenu ce que je suis aujourd’hui. Mais c’est sur ce qui se passe que je veux bien m’appesantir.

De part mon éducation militaire étalée sur un demi siècle au moins je ne pas pas cautionner et continuer à rester muet.

Des militaires assassinés à tour de bras ou enlevés, et un silence de mort du côté du Département de la Défense qui est sensé protéger les soldats.

Que dire encore quand : un Général, en deuxième section, enlevé, car c’est un enlèvement, en plein milieu de la nuit à 00H15 par une colonne de six (06) véhicules dont un char.

Pas de réaction du département alors que des médias privés en parlent et font des commentaires et même la RFI.

Dans la foule, le matin, c’est mon tour, à mon domicile qu’une unité de combat débarque pour soi-disant récupérer un véhicule de fonction.

Ou sont les fameux Porte Parole du département ? Du coup ils sont devenus muets ?

Qui va clarifier la situation et autres on-dit à l’opinion nationale ou internationale ?

Alors, je ne vais pas continuer à me faire humilié de la la sorte.

Je suis un Général avec une carrière bien remplie pas un arriviste.

De part ce qui vient de se passer, je ne pourrais plus asseoir mon autorité sur un quelconque subordonné après cette humiliation de trop.

Je n’aime pas l’hypocrisie. Si vous voulez encore de cette armée alors faites quelques choses maintenant.

Dénoncez ou clarifiez aux uns et autres ce qui se passe madame la Ministre.

A moins que ce soit vous la donneuse des instructions. L’autorité qui les donne en est responsable.

Les militaires en général veulent être commandés dans le sens d’accomplir leur mission de la Défense de la patrie et non pour être utilisés à des fins politiques.

Sachez cela madame la ministre, les missions sordides qui outrepassent celles qui sont définies dans le RDG sont condamnables par le Tribunal Militaire Permanent (TMP), la CPS et la CPI.

Enfin, rien ne garantit la sécurité de ma famille, les éléments qui sont avec moi et ma propre sécurité.

Moi encore, ca passe, je suis un soldat , trop tôt à 21 ans au RDOT je bravais déjà la mort mais,

je préfère prendre une balle en face que lâchement dans mon dos.

Alors faites votre analyse avec votre cabinet pour trouver des solutions pour la sécurité des militaires qui sont encore en activité en 2ème section (du Militaire du Rang à l’Officier Général).

Cette lettre est officielle, j’envoie une copie à l’IGAN, si je ne suis pas fixé dans un bref délai je mettrai le contenu à la connaissance du peuple centrafricain.

Je vous remercie .

Général BOGUIN

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