Les 4 favoris de la présidentielle 2020 en Centrafrique

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Ils sont bien dix-sept (17)  candidats à avoir été retenu par la Cour Constitutionnelle pour la présidentielle en Centrafrique.

Cependant, les observateurs de la vie politique centrafricaine sont unanimes sur une réalité.

La majorité des candidats sont soit des figurants, des poids plumes,

ou encore n’ont aucun véritable poids politique.

La réalité du terrain démontre que cette élection se joue entre quatre personnalités politiques.

Apres étude et analyse de la cartographie électorale, des bastions électoraux, des partis politiques et de leur base,

Centrafrica vous présente les quatre (4) candidats favoris sur la route de la présidentielle en Centrafrique.

Anicet Georges Dologuélé

Avec l’éviction de François Bozizé de la course présentielle, AGD comme les centrafricains l’appellent, est sans aucun doute le favori de cette élection.

Arrivé premier sur trente (30) candidats au premier tour de la dernière présidentielle en 2016, avant de perdre au second tour face à Touadera,

le Président de l’URCA jouit d’une grande popularité tant dans l’arrière-pays que dans la capitale Bangui.

Après Cinq (5) ans passés dans l’opposition. Son parti a élargi son implantation sur le territoire. Sa popularité a grandit.

Perçu par ses pairs opposants au régime comme le mieux placé pour battre Toaudera dans les urnes,

plusieurs alliances sont attendues dans les prochains jours avec des partis et personnalités politiques indépendantes souhaitant tourner la page Touadera.

On signale même que le Kwa Na Kwa (KNK) de François Bozizé affectionnerait l’idée de répéter le scénario de 2015 en s’alliant une fois de plus à l’Union pour Le Renouveau Centrafricain (URCA) de Anicet Dologuélé.

Interrogé sur la question, un cadre du KNK dit:

« Dologuélé sera surement soutenu par Bozizé. Il y a deux facteurs en sa faveur. URCA est notre allié naturel depuis la dernière élection. Et nous sommes ensemble dans le COD-2020. C’est notre allié naturel. Le second facteur est filial. AGD appelle Bozizé « koya » (oncle) car sa mère est de l’ethnie Gbaya tout comme notre Président fondateur Bozizé et la majorité de nos militants. Et en Centrafrique, qu’on le veuille ou pas le coté filial influence beaucoup lors du vote. »

Reste maintenant à Dologuélé de convaincre Bozizé. Une tâche qui est loin de s’annoncer facile.

Car depuis l’invalidation de sa candidature, de multiples candidats dont le Président Touadera font la cour à l’ancien Président en vue de son électorat.

Dologuélé réussira-t-il donc à convaincre son « koya» ?

Désiré Kolingba

Ce dernier s’était précipité lors des dernières échéances électorales pour déclarer sa victoire avant que l’ANE proclame les résultats officiels.

Il finira troisième derrière Dologuélé et Touadera.

Le fils du feu Président André Kolignba jouit de deux facteurs qui font de lui un des favoris du prochain scrutin présidentiel.

Tout d’abord, son patronyme.

Etre le fils d’un ancien Président de la République qui a géré le pays pendant douze (12) ans ça aide.

Surtout quand on se présente soit même aux élections, et qu’une partie du peuple a la nostalgie de l’ère Papa.

Ensuite, son ethnie.

Les yakomas rêvent de revenir au pouvoir et s’aligneront pour voter pour un des leurs.

La dernière fois cela lui avait rapporté 12% des suffrages.

Enfin, son parti.

le Rassemblement Démocratique Centrafricain (RDC), est l’un des plus grand partis du pays.

Cependant, kolignba a de sérieux désavantages.

Sa santé s’est fortement détériorée au fil des deux dernières années.

Il est mourant et sans le sous.

Son parti le RDC est en perdition. Tel un troupeau sans berger.

Martin Ziguélé

Son parti le MLPC est l’un des plus anciens et plus grands parti, bien ancré dans le paysage politique centrafricain.

Il fut 4ème lors des dernières élections présidentielles 2015-2016.

Il jouit d’une base politique forte et bien implantée sur tout le territoire centrafricain.

Ce qui fait inévitablement de lui un favori  pour les élections.

Ses prises de position face aux violences des groupes armés envers les populations ont fait gonfler son capital popularité.

Dans l’arrière-pays il est apprécié.

Interrogés au sujet du candidat MLPC, des centaines de villageois issus de différentes préfectures de la République Centrafricaine le félicitent.

 Quand on nous tue, lui (ziguélé) avec Dologuélé fait partie des rares personnalités politiques qui dénoncent cela. Ça pousse la MINUSCA  à agir. Elle frapper les rebelles et ça nous soulage. Si ce n’est pas grâce à ces deux-là on serait tous morts aujourd’hui. 

Les populations reconnaissent que Martin ziguélé s’est érigé en défenseur du peuple certes,

mais elles lui reprochent quelquechose de « grave ». Particulièrement celles de l’Ouham-Pendé d’où il est originaire.

Son soutien à Touadera.

 C’est lui qui nous a amener Touadera ici. Il a pris sa main et il l’a soulevé devant nous. Il nous a dit. C’est la personne que je vous demande voter. C’est lui qui peut vous garder et développer le pays. Au final, Touadera n’a rien fait pour nous. Ziguélé paiera pour ça.

Ressortissant de l’Ouham Pendé

Un sentiment largement partagé dans toute la région qui est un des plus grand bastion électoral du pays.

Ziguélé est bel et bien perçu comme comptable du bilan de Touadera.

Une perception du peuple qui risque de le défavoriser dans les urnes. Surtout si ses adversaires en font bon usage.

Faustin Archange Touadera

Il est sans équivoque un des favoris de cette élection présidentielle.

Tout d’abord, en qualité de Président sortant, il a entre ses mains l’appareil d’Etat lui permettant de mener une plus grande campagne que ses concurrents.

Ensuite, il y a les alliances.

Son parti le Mouvement Coeurs Unis en a déjà signé plusieurs, mais une seule sort réellement du lot.

Celle avec le parti UNDP de Michel Amine. Une force politique jeune mais bien implantée dans le pays.

Touadera pourra compter sur un probable ralliement de son allié, le MLPC de Martin Ziguélé s’il arrive à passer la barre du premier tour.

Très impopulaire auprès de la majorité du peuple certes, le Président candidat peut également compter sur ses partenaires qui ont une puissance d’influence et de décision capitale.

Parmi eux, Mankeur Ndiaye, Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies.

Samuela Isopi, Ambassadrice Cheffe de la Délégation de l’Union Européenne en Centrafrique.

Sans compter, l’ambassadeur de la CEEAC en poste à Bangui ainsi que l’Ambassadeur de Russie et la société russe Wagner.

Connu pour entretenir des relations extra-professionnel avec l’homme de fort de Bangui,

Ces personnalités sont très hostiles à toutes positions opposées à la politique du Président Touadera.

Ce qui est ’inquiétant, c’est qu’elles jouissent d’une influence qui peut faire basculer l’élection présidentielle en faveur de leur ami au cas où le peuple voterait pour quelqu’un d’autre.

Après tout, ceux qui décident du résultat d’une élection ne sont pas ceux qui votent, mais plutôt ceux qui comptent les votes. N’est -ce pas ?

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