Le 17 avril 2024, le Président Centrafricain, Faustin Archange Touadera, est reçu à l’Elysée sur invitation par son homologue français, le Président Emmanuel Macron.
Un huis clos qui aura duré près d’une heure, et permis aux deux chefs d’État de poser les jalons de la prochaine étape du « renforcement » de leur coopération.
Sur la base d’échanges avec des personnalités proches des arcanes du pouvoir français et centrafricain, et des acteurs de cette initaitve, Centrafrica vous présente le récit d’une étape capitale pour les relations franco-centrafricaines.
Un souffle nouveau pour les entreprises françaises en RCA ?
Alors que ces derniers mois, plusieurs sociétés françaises en Centrafrique ont connu des difficultés dans leurs opérations, cette rencontre de haut niveau pourrait être synonyme d’un « souffle nouveau pour les opérateurs économiques français en RCA. » selon un chef d’entreprise français, expatrié à Bangui.
Faisait mention de l’intention de certains groupes de l’hexagone d’entrer sur le marché centrafricain, le président Macron a profité de l’occasion pour faire part de certaines préoccupations pour ces dernières.
Préoccupations auxquelles son homologue centrafricain répondra en garantissant la sécurité des investissements français dans son pays.
Dans le cadre d’un partenariat économique décidé par les deux dirigeants, un diplomate présent lors de la rencontre à l’Élysée explique :
« Aujourd’hui, nous sommes passés à une étape supérieure. Lorsque les présidents Macron et Touadera se sont vus en septembre dernier, c’était dans un contexte de tension et ils ont décidé de la normalisation de nos relations. Aujourd’hui, on est plutôt dans le renforcement de nos relations bilatérales…»
Vers une reprise de la coopération militaire
Selon des sources militaires, le Ministère centrafricain de la Défense Nationale aurait usé de canaux diplomatiques, pour émettre le souhait de voir la France reprendre sa coopération militaire avec la RCA, qu’elle avait suspendue en 2021.
«En effet, la partie centrafricaine a émis ce souhait au courant d’août 2023. La seule chose que je peux vous dire, c’est que rien est exclu…nous y travaillons.» confie un officier de l’armée française en poste au Gabon.
Un diplomate centrafricain impliqué dans le dossier explique que la formation des Forces Armées Centrafricaines (FACA) dans les métiers de l’intelligence militaire et la formation de ses officiers, ont fait partie des sujets au menu des discussions des deux dirigeants.
Même son du cloche du coté de la partie francaise qui poursuit.
«Mis à part la coopération économique et militaire, il a été question de discussions sur la reprise d’une coopération multiforme entre nos pays. » confie un cadre du Quai d’Orsay.
Soutien au développement
Selon des sources diplomatiques françaises, les échanges entre Macron et Touadera fdu 17 avril 2024 à l’Elysée ont été fructueux.
« Leurs échanges ont été très chaleureux, mais surtout très fructueux..Nous sommes maintenant dans du concret, le soutien à plusieurs projets au développement. »
Au cours des deux (2) prochaines années, plusieurs projets phares à fort impact social devraient obtenir le financement de l’Agence Française de Développement (AFD).
La France mise également sur son soutien à travers l’Union Européenne (UE) qui demeure à ce jour, le premier partenaire multilatéral économique de la République Centrafricaine.
Le dossier russe
Selon la partie centrafricaine, l’entretient des deux présidents ne fut aucunement l’occasion de s’attarder sur la question de la présence russe en RCA et le groupe Wagner.
L’approche française vis-à-vis de la présence Russe en Centrafrique aurait donc changé à en croire les faits. On est bien loin de l’époque où le président français affirmait publiquement que son homologue centrafricain était :
« otage des mercenaires de wagner »
La France laisse la latitude à la Centrafrique de gérer sa relation avec la Russie comme elle l’entend.
Une position sur laquelle se sont mis d’accord Emmanuel Macron et Faustin Archange Touadera, assurant le respect de la souveraineté et des choix des partenaires bilatérauxde la Centrafrique.
Dorénavant, ce renforcement des relations centrafricano-francaises est matérialisé par une feuille de route, et un mécanisme de suivi décidé entre les deux chefs d’État au sortir de leur rencontre.
Une initiative qui certainement, sera bien loin de plaire à Moscou et ses relais centrafricains.

