Commerce, sécurité, hydrocarbures, documents administratifs, télécoms, gestion aéroportuaire, exploitation de ressources naturelles…Centrafrica vous présente ces secteurs captés par des étrangers en République centrafricaine…
Sécurité
Alors que le président, Faustin Archange Touadera, s’évertue à faire monter en puissance les Forces Armées Centrafricaines (FACA), par un recrutement massif et une formation militaire intensive, force est de constater qu’en 2024, la sécurité de la RCA dépend encore en grande partie de forces exogènes.
Sans la Mission des Nations Unies en République Centrafricaine (MINUSCA), sans les parmailitaires Russes de Wagner, sans les forces spéciales Rwandaises…Alors sans aucun doute, le Pouvoir centrafricain, aurait basculé entre les mains des rebelles de la Coalition pour les Patriotes du Changement (CPC) à l’issue de sa tentative de coup d’Etat en janvier 2021.
Si aujourd’hui, ces forces étrangères quittaient le sol centrafricain, alors combien de temps tiendrait le Pouvoir de Touadera ? Combien de jours ? Combien de mois ? Ou encore, combien d’années ?
Hydrocarbures
Lorsqu’on connait le rôle hautement stratégique que les hydrocarbures jouent dans la vie d’une Nation, il est recommandable que la majorité des acteurs du secteur soient des nationaux.
En Centrafrique, c’est loin d’être le cas.
Le marché de distribution des produits pétroliers est complétement sous la bannière d’opérateurs économiques étrangers. Tout d’abord, jetons un coup d’œil aux quatre (4) sociétés présentes dans le pays.
Il y a l’entreprise française TAMOIL, le repreneur de TOTAL qui a quitté la RCA fin 2023. Ensuite SARPD-OIL, une entreprise de la République du Congo. Enfin, Tradex et Green Oil, provenant du voisin camerounais.
La cerise sur le gâteau concerne l’acheminement des hydrocarbures dans le pays. Le Gouvernement centrafricain en a donné l’exclusivité à Neptune Oil…encore une fois, une société camerounaise.
Supports administratifs
Bientôt quinze (15) ans que les passeports biométriques centrafricains sont confectionnés par AFRICARD. Une société détenue par des libanais.
Ce marché sera attribué à cette entreprise sous l’ère de l’ex-Président de la République, François Bozizé, et dont certains membres de sa famille auraient été actionnaires.
En 2017, c’est au tour d’une autre société libanaise de rentrer dans la danse. AL MADINA. Elle va profiter d’un autre marché juteux.
Celui de la fabrication des documents et supports administratifs : carte nationale d’identité, permis de conduire, carte de grise, plaque d’immatriculation.
Afin de prévenir une quelconque déconvenue, de telles données sensibles ne devraient-elle pas être sous manipulation et contrôle d’une entreprise locale privée ?
Exploitation des mines
Le secteur minier centrafricain est l’un des segments les plus profitables à son économie.
Cependant, il est en majorité dominé par des opérateurs économiques expatriés qui occupent 70% du marché.
Un partage du gâteau dont la plus grande part revient tout d’abord aux chinois. Ces derniers possèdent le plus grand nombre de sites miniers dans le pays.
Ensuite, viennent les Russes, qui quant à eux, détiennent l’exploitation de la plus grande mine d’or en RCA. Ndassima.
Derrière, arrivent les rwandais, libanais, espagnols, camerounais, sénégalais et autres.
Commerce général
En Centrafrique, la grande distribution est complétement sous domination étrangère.
L’unique centre commercial du pays est détenu par une famille libanaise qui possède plusieurs supermarchés et hôtels dans la capitale.
Les supermarchés de capacité moyenne sont en majorité détenus par des camerounais, indiens, pakistanais et rwandais.
Au centre-ville de la capitale Bangui, 90% des commerces sont la propriété d’opérateurs économiques étrangers.
Autre cerise sur le gâteau : l’importation du sucre en RCA attribuée à CCCG, une entreprise libanaise, propriéte du géant de l’eau minérale « Supermont » au Cameroun.
Télécoms
Des trois (3) opérateurs de téléphonie mobile existant en République centrafricaine, aucun n’est détenu par un centrafricain.
Le français Orange. Le marocain Moov Africa….et Telecel, plusieurs fois racheté par différents groupes internationaux sont les leaders du marché.
Bois
Pays producteur de bois en Afrique Centrale, la RCA ne jouit d’aucun opérateur économique local réputé dans le secteur. Il est l’apanage de groupes français, malaisien, libanais, russes… pour ne citer que ceux-là.
Bien qu’étant un pays avec de ressources en bois, plusieurs écoles et classes manquent de tableaux, tables et bancs d’écoles.
Pire encore, les allumettes et cure-dents utilisés par les centrafricains ne sont pas produites localement, mais, plutôt importés du Cameroun.
Alcool et spiritueux
Le géant Castel présent dans le pays depuis les années 70 domine le secteur des spiritueux dans le pays.
Bière, vin, boissons gazeuses, l’industriel français a longtemps règné en maitre sur le marché.
En 2022, les russes entrent dans la danse, fabriqant leur propre vodka en RCA. un an plus tard, ils sortiront leur bière locale pour concurrencer leur amis français.
Gestion de l’aéroport
Depuis bientôt quinze (15) ans, le service de chargement et déchargement des avions à l’Aéroport International de Bangui M’Poko, est assuré par une entreprise privée venu de l’étranger.
Aujourd‘hui, C’est une société togolaise qui detient ce marche apres 10 ans de service. Remplacé par une société ivoirienne pendant une courte période, le togolais AHS est de retour aux affaires.
N’y avait-il pas une entreprise centrafricaine capable de remplir cette tache ?
Au regard de tous les secteurs d’activités cités plus haut, on réalise qu’ils ont tous un dénominateur commun. Ils sont tous dominés ou monopolisés par des entreprises privées étrangères.
Tant de pans stratégiques du pays entre les mains d’opérateurs economiques étrangers.
Qu’est-ce qui n’a pas marché ?

