La capitale centrafricaine est bien trop souvent le théâtre de batailles entre partis politiques aspirant à diriger le pays, mais qui laissent entrevoir de grosses lacunes en leur sein.
Parmi ces dernières, notre rédaction s’est penchée sur une en particulier, que ces formations politiques ont en partage.
Le manque criant de sièges permanents de qualité, dédiés à leur action politique, et ce, alors que leurs leaders aspirent à occuper le fauteuil suprême de la République.
Depuis l’introduction du multipartisme en République centrafricaine (RCA) , le pays compte aujourd’hui plus d’une vingtaine de partis politiques.
Si certains ont vu le jour pour des raisons circonstancielles, d’autres ont été créés dans le but de soutenir les actions des différents chefs d’État qui se sont succédés au Pouvoir.
Pourtant, la mission première d’un parti politique reste de conquérir le pouvoir tout en mobilisant une base solide de militants. Cependant, une question revient souvent à Bangui :
« Pourquoi les grands partis qui ont dirigé le pays dans le passé n’ont-ils pas réussi à construire leur propre siège ? »
Contacté par notre rédaction, un responsable du Mouvement pour la Libération du Peuple Centrafricain (MLPC) de l’ancien Président de la République centrafricaine, feu Ange Felix Patassé, qui a requis l’anonymat, explique :
« Nous sommes conscients de ce problème. Le parti traverse des difficultés, mais nous avons déjà identifié un terrain, connu sous le nom d’Espace Marabena, pour la construction de notre siège. »
D’autres partis politiques d’opposition prétendant au Pouvoir, comme l’Union pour le Renouveau Centrafricain (URCA), ou encore, le Parti pour la Transformation et la Renaissance de la Centrafrique (PATRIE), utilisent encore des espaces provisoires pour siège.
Dans certains cas, le siège se trouve au domicile des dirigeants de partis. Même le Mouvement des Cœurs Unis (MCU), actuellement au pouvoir, ne dispose pas d’un siège propre, un constat similaire pour la plupart des grandes formations politiques en RCA.
À ce rythme, de nombreux citoyens se lancent dans une réflexion légitime :
« Ces leaders politiques seront-ils un jour capables de bâtir le pays, alors qu’ils ne parviennent pas à construire des sièges permanent pour leur propre parti ? »
Notons qu’il existe cinq (5) partis politiques ayant géré le pouvoir, et qui n’ont pas de siège propre.
Le MESAN de Barthélémy Boganda. Le RDC d’André Kolingba. Le KNK de François Bozizé. Le MLPC d’Ange-Félix Patassé. Le MCU de Faustin-Archange Touadéra, au pouvoir actuellement.
Ces défis structurels et organisationnels illustrent les lacunes persistantes dans la gestion des formations politiques en Centrafrique…Et leur résolution pourrait être un préalable à la reconstruction effective du pays.
À propos de l’Auteur :

Pamela Dounian-Doté
Journaliste Politique sur Centrafrica