Grève des enseignants à l’Université de Bangui

Ce jeudi 12 décembre 2024, les enseignants vacataires de l’université de Bangui ont observé une grève marquée par une manifestation au sein de l’établissement.

Ces derniers réclament la signature de leurs arrêtés d’intégration, déposés sur la table du gouvernement depuis 2023.

Interrogé par Centrafrica, le rapporteur général du collectif des enseignants a expliqué les raisons de cette mobilisation :

 « Nous sommes laissés pour compte. Depuis décembre 2023, nous avons préparé et déposé nos dossiers d’intégration auprès du ministère de la Fonction publique. Le 21 février 2024, le président de la République avait lancé le processus d’intégration dans la fonction publique. Cependant, ce processus n’a pas été respecté par les responsables. L’ordre prévu était d’abord le secteur de l’éducation, suivi par l’agriculture, la santé, l’enseignement supérieur et les autres domaines. Or, au lieu de traiter notre dossier en priorité, ils nous ont demandé de patienter. Nous savons que la patience a ses limites. Face à ce retard, nous avons adressé une note, le 7 décembre, au Premier ministre pour exprimer notre mécontentement. Certains de nos collègues totalisent plus de dix ou douze ans de service sans rémunération. Nous sommes à bout de souffle. »

Simplice Yanguende, assistant en linguistique africaine à l’université de Bangui.

Dans les jours à venir, le collectif envisage d’intensifier son mouvement en boycottant les cours dans les amphithéâtres de l’université de Bangui.

Joviano Amadou Guema, une autre enseignante, dénonce l’injustice dans le traitement des dossiers :

« Il y a un ordre établi. Il était prévu de traiter les dossiers du secteur de la santé, puis ceux de l’enseignement fondamental, mais nous constatons que notre dossier est mis de côté. Actuellement, le comité travaille sur celui de l’agriculture, suivi des affaires sociales. Nous demandons au gouvernement de régulariser notre situation et au comité chargé du traitement des dossiers de respecter les priorités hiérarchiques pour éviter ces frustrations. »

Les enseignants vacataires annoncent leur détermination à poursuivre leur mobilisation jusqu’à l’obtention de leurs arrêtés d’intégration. Ils exigent une réponse rapide et concrète de la part du gouvernement.

Cette situation met en lumière les difficultés rencontrées par les enseignants vacataires de l’université de Bangui, certains ayant consacré plus d’une décennie à l’éducation sans aucune reconnaissance officielle ni rémunération.

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