Ancien Directeur Général de la Gendarmerie. Ancien Directeur Général de la Police. Ex-Ministre de l’intérieur. Aujourd’hui, Ministre chargé des Renseignements à la Présidence de la République. Le General d’armée, Henri Wanzet Linguissara, fait partie des pièces centrales de l’appareil de sécurité intérieure et extérieure de la République Centrafricaine (RCA). Ce proche du Président Faustin Archange Touadera aura joué un rôle primordial dans les pourparlers ayant aboutit à la signature des Accords de N’Djamena en juillet dernier. Depuis, il est sous les « feux »…Explications.
Tout débute au cours du second trimestre 2025. Le patron des renseignements Centrafricains est aperçu à plusieurs reprises à N’Djamena. Des informations révèlent des pourparlers avec certains chefs rebelles exilés au Tchad, mais dont les groupes armés demeurent actifs en RCA.
Centrafrica révélera au mois de juin, que mandaté par le Président Centrafricain, le Général d’armée Henri wanzet Linguissara, aura rencontré successivement, Ali Darassa, Oumar Abdel Kader alias Sembe Bobo, et Al-khatim à N’Djamena.
Sous l’impulsion des autorités Tchadiennes et Centrafricaines, un accord de paix est décidé. Le Président Tchadien, le maréchal Mahamat Déby Itno, en sera le principal garant.
Le 10 juillet 2025, c’est la signature des accords de N’Djamena à Bangui en présence des autorités Tchadiennes, et le début du désarmement des troupes rebelles signataires. Depuis, Henri Wanzet Linguissara, est vite devenu une cible de choix.
Un homme à abattre
À en croire les bruits de couloirs du Palais de la Renaissance, il ne serait pas exagéré de dire que l’homme n’a pas que des amis dans les arcanes du Pouvoir de Bangui.
En coulisses, certains membres du gouvernement ne cachent pas leur aversion à l’encontre du chef des Renseignements. Un ministre en fonction confie :
» Ce type est dangereux. je me méfie beaucoup de lui…je sais qu’il prépare quelque chose contre le régime. «
Un sentiment partagé par certaines personnalités issus des réseaux pro-pouvoir qui l’accusent de connivence avec les rebelles à des fins de déstabilisation.
Des allégations infondées selon un Conseiller spécial du Président Centrafricain, et haut cadre du Mouvement Coeurs Unis (MCU), le parti au pouvoir. Il explique :
» Ce sont des accusations fallacieuses. Nos ennemis ne voulaient pas de cet accord de paix, et ils considèrent que le général Wanzet fait partie des architectes de cet accord. Le président lui fait confiance et cela dérange les intérêts de beaucoup. Donc, ils veulent tout faire pour évincer Wanzet car ce n’est pas dans leur intérêt que cet accord de paix voulu par le Chef de l’État prospère. »
Un homme qui dérange
Le 10 juillet dernier, les chefs rebelles Ali Darassa et Sembe Bobo, déposaient symboliquement leurs armes au pied du Chef de l’État centrafricain à Bangui lors d’une cérémonie solennelle. Dans la foulée, leur troupes leur emboitaient le pas dans plusieurs localités du pays.
« C’est une première phase réussie qui déplaît à certains acteurs politiques et militaires dont l’agenda est contraire au processus de paix en RCA » explique un diplomate africain en poste à Bangui.
Depuis lors, les chiens sont lâchés. Les fusils chargés. Des armes à plusieurs coups…Le tout, destiné à dégommer celui que l’on surnomme « l’homme sécurité » du Président de la République.
D’après certains observateurs, la polémique autour d’une potentielle « trahison » de Wanzet relève d’une énième guerre de Palais.
Une lutte intestine au pouvoir destinée à saper la mise en œuvre des Accords de N’Djamena, qui dans les prochains mois devraient voir d’autres groupes armés déposer les armes.
Spécialiste des questions de sécurité en Afrique Centrale et des Grands lacs, Théophile Kongbozo, explique :
« C’est du classique ! Pour affaiblir un Président, il faut tout faire pour discréditer ses hommes de confiance, notamment, les acteurs majeurs de l’appareil sécuritaire. C’est exactement ce qui est en train de se passer avec le cas du Ministre Wanzet. Il dérange les intérêts de certains caciques du pouvoir et de l’opposition en Centrafrique…donc ils veulent le faire tomber et l’éloigner du Chef de l’Etat pour servir leur propre intérêt. »