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L’État récuse la nomination de Saraiva Doraz à Gold Koss Group

C’est un évènement tragique de Mars 2023 en République centrafrciaine (RCA) qui mettra la société Gold Koss Group sous le feu des projecteurs et à la une des médias.

L’assassinat de neuf (9) employés chinois sur le site minier de chimbolo, un village aux alentours de Bambari à environ 400 kilomètres de la capitale Bangui.

Après 10 mois d’arrêt, la société envisage de relancer ses activités dans le pays en ce début d’année. Le 4 février 2024, ses dirigeants nomment une nouvelle représentante.

Madame Jennifer Saraiva Doraz, ancienne Ministre des Arts, de la Culture et du Tourisme.

Une annonce qui fait polémique et passe mal au sein du pouvoir centrafricain qui la récuse en coulisses. Explications.

« L’État est actionnaire »

D’après la convention signée entre le Gouvernement et Gold Koss Group que Centrafrica a pu consulter, l’État détiendrait des parts dans la société. Des actions qui s’élèvent à hauteur de 15%.

Un membre du cabinet du Ministre des Mines affirme qu’en sa qualité d’actionnaire, l’État aurait dû être associé à cette prise de décision. Ce qui n’a pas été le cas explique-t-il.

« Il fallait d’abord  mettre en place le Conseil d‘Administration, qui ensuite désignera le Directeur Général et son adjoint…La société venait à peine de lancer ses activités quand les chinois ont été tués. Il y a eu cessation des activités pendant un temps. Et Jusqu’à ce jour, le Conseil d’administration n’a pas encore été mis en place. Alors ils ne peuvent pas nommer quelqu’un de façon unilatérale comme bon leur semble. »

Selon notre même source, le Ministre des Mines, lui aussi a été surpris par la nouvelle, tout comme l’actuel Directeur Général de la société, Ulrich Gonguere.

« Le Président en colère »

Le Président Touadera et les cadres de Gold Koss Group. Ulrich Gonguere, 2ème sur la droite (Bangui, 2 février 2024)

Même son de cloche du côté du palais de la Renaissance où un fréquent « visiteur du soir » confie :

« Le 2 février, le président a reçu le Directeur Général de la société, Mr. Gonguere, qui était accompagné d’investisseurs turcs pour remplacer les chinois partis. Ils ont discuté du format de la reprise des activités sur le terrain…Et 48 heures après, on apprend au Chef de l’Etat qu’il y a un nouveau DG. Une vraie incongruité. Je peux vous dire que le président est très en colère par rapport à cette affaire. »

Tout porte à croire que la présidence ne voit pas d’un bon œil le parachutage de l’ancienne ministre à la place de son représentant officiel.

Ulrich Gonguere

Entrepreneur centrafricain, Gonguere qui jouit d’un carnet d’adresse conséquent est un soutien de la première heure du président Faustin Archange Touadera.

Homme de réseaux réputé discret, c’est bien et lui et pas un autre, qui obtiendra pour le compte de ladite société minière, un permis d’exploitation d’une superficie de 500 km2.

« Après la tragédie qui a frappé la société de plein fouet, Ulrich a endossé pleinement le rôle de Directeur Général et fait usage de son portefeuille relationnel et financier pour garder la compagnie à flot pendant 10 mois » déclare un de ses collègues ingénieur dans les mines.

Éliminer un homme qui gêne ?

Comment l’ancienne ministre de Touadera a donc t-elle été propulsée à la tête de cette société partenaire de l’Etat, sans ce que ce dernier ne valide son entrée ?

Tous les doigts pointent vers un des associés dirigeant de Gold Koss Group. Traoré Bakary.

Cet homme d’affaires ivoirien serait à l’origine de cette opération, qui selon plusieurs sources proches du dossier, viserait à évincer Ulrich Gonguere.

L’homme designé comme représentant de l’Etat serait « devenu genant pour certains associés étrangers » confie une source au sein de l’entreprise.

Le jour de l’annonce de la nomination de Madame Doraz, on peut apercevoir sur une photo largement partagée sur la toile, Traoré Bakary aux cotés de la nouvelle représentante de la société.

Contacté par Centrafrica, Ulrich Gonguere, confie avoir appris la nouvelle de son remplacement qu’il qualifie « d’illégal » par voie de presse.

Ne souhaitant pas faire plus de commentaires, l’homme assure néanmoins :

« Les autorités compétentes de mon pays ont été saisies du dossier, et j’ai confiance qu’elles sauront avisées dans le bon sens. »

Pour un membre du gouvernement, il ne fait nul aucun doute que l’exécutif soutiendra « mordicus la position de son représentant » intial au sein de la société Gold Koss Group.

Débarquée du Gouvernement lors du remaniement du 4 janvier 2024, Jennifer Saraiva Doraz, jadis réputée proche du Chef de l’Etat, semble aujourd’hui être tombée en disgrâce.

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