Nana Bakassa : Le maire sortant sabote l’installation du nouveau maire

Mairie de Nana Bakassa - juin 2026

le 4 juin 2026, la ville de Nana Bakassa dans le nord de la Centrafrique se prépare à élire son nouveau Maire. Autorités locales, notables, gendarmerie, MINSUCA, détachement militaire, tous sont réunis pour l’occasion.

Arrivé en tête des municipales avec 10 sièges, Jacques Junior Nigawong Malo, candidat du parti Centrafrique Nouvel Élan (CANE) fondé par Sylvain Patassé, est le grand favori de cette élection.

Face à lui, Emmanuel Namdessene, maire sortant et candidat du parti au pouvoir, Mouvement Cœurs Unis, a obtenu 7 sièges, et va devoir passer le témoin.

Le boycott

Ce 4 juin, surprise générale ! Le maire sortant et ses conseillers municipaux ne se présentent pas à la Mairie, prétextant un calendrier brusqué et une impréparation.

L’élection et l’installation du maire est donc reportée au lendemain. Le 5 juin, ils récidivent. Cette fois-ci, sans aucun motif.

« Ils ont délibérément boycotté le scrutin dans le but de l’empêcher » déclare un conseiller municipal

La mission diligentée par le Ministère de l’Administration du Territoire pour installer le nouveau maire renvoi l’élection au 8 juin. Mais le jour venu, il n’en sera rien.

Après un passage à Paoua et Bossangoa pour la même mission, elle a instruction de rebrousser chemin sur Bangui, confie un cadre du ministère.

Climat politique local sous tension

Dans une correspondance adressée au Premier Ministre centrafricain et au Ministre de l’Administration du Territoire, le président du parti CANE et député de Nana Bakassa, Sylvain Patassé, dénonce des manœuvres subversives et pointe du doigt l’ingérence du Ministre d’État, directeur de cabinet du Président de la République.

D’après ces courriers que Centrafrica a pu se procurer, ce dernier serait parenté au maire sortant de Nana Bakassa. On peut y lire :

« Cette élection a été délibérément entravée par, Monsieur Emmanuel Namdessene ,avec le concours de son grand frère direct, Monsieur Obed Namsio, dont les instructions ont conditionné le déroulement du scrutin… »Sylvain Patassé, président du parti CANE.

Selon plusieurs témoignages, le camp du maire sortant aurait à plusieurs reprises tenté de soudoyer certains conseillers municipaux du parti CANE afin de voter en sa faveur.

L’improductivité de la démarche serait à l’origine du boycott de l’élection, explique un notable de la région.

À la tête de la Maire depuis 6 ans, Emmanuel Namdessene, arbore un bilan négatif, voire même catastrophique, à en croire les témoignages de plusieurs leaders et acteurs sociaux de la localité.

Au regard de ce statu quo, plusieurs forces vives de la localité ont souhaité faire une manifestation devant la Sous-prefecture. Une initiative dissuadée par les gendarmes qui jusqu’alors ont réussi à calmer les ardeurs des mécontents.

Cependant, plusieurs dizaines d’habitants de la localité disent ne plus reconnaitre le maire sortant. Désormais, ils refusent de se soumettre aux taxes et redevances payables à la Mairie, tant que l’installation du nouveau maire n’aura pas eu lieu.

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