Quand la MINUSCA se retire pas à pas de Centrafrique

Déjà deux bases fermées en ce mois de Mars. Officiellement, le leadership de la mission Multidimensionnelle Intégrée des Nations Unies pour la Stabilisation de Paix en Centrafrique (MINUSCA), explique qu’il ne s’agit aucunement d’un retrait, mais plutôt d’une réorganisation au vu de l’amélioration de la situation sécuritaire du pays.

Cependant, les informations recueillies au sein des arcanes de la mission onusienne en révèlent tout le contraire, mais décrivent plutôt une stratégie bien huilée. Un retrait méthodique.

D’après plusieurs experts onusiens interrogés par Centrafrica, il s’agit d’un retrait progressif décidé au sein des hauts lieux de la communauté internationale.

« On est en train de partir. Ça se fait progressivement. Déjà plusieurs éléments de notre personnel sont déjà rentrés. C’est juste qu’il n’y a pas de médiatisation faite autour de cette opération de rapatriement, mais c’est en cours…» confie un cadre des Nations Unies en poste à Bangui.

Selon plusieurs observateurs avertis, la fin de la mission onusienne en RCA sera complètement effective sous trois (3) ans maximum. Un membre du groupe des experts des Nations Unies confie :

« La mission va se terminer bientôt. On ne pourra plus tenir comme ça pendant très longtemps. Et puis, il y a un fort lobby qui est fait pour que la maison ferme en RCA ».

Après la suppression de plusieurs postes et la fermeture des bases de Mbrés et Dékoa, une prochaine opération pointe à l’horizon : la fermeture de la base de de Bambari. Un des plus importants points focaux de la MINUSCA dans le pays.

Le Conseil de Sécurité des Nations Unies a créé la Minusca en 2014. Douze ans après, alors que la situation sécuritaire s’est nettement améliorée dans le pays, la mission onusienne retire ses pions pas à pas.

Une source bien introduite au conseil de sécurité confie à Centrafrica :

« Pour l’instant, ce sont les éléments de langage diplomatiques qui font office de couverture. Mais cette opération ne pourra pas rester dans l’ombre encore très longtemps. La MINUSCA dit qu’elle n’est pas en train de se retirer, mais c’est comme François HOLLANDE qui avait assuré à Touadera que Sangaris ne partirai pas de sitôt…Vous connaissez la suite de l’histoire.»

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