Qui pour stopper Touadera vers un 3ème mandat ?

Plus que treize (13) mois avant la prochaine élection présidentielle en République Centrafricaine (RCA), et déjà, plusieurs interrogations planent sur la potentielle candidature de Faustin Archange Touadera. À la tête du pays depuis 2016, l’homme fort de Bangui, ne s’est pas officiellement prononcé sur la question. Mais ses partisans eux, n’en font pas un secret. Explications.

Assis dans un salon feutré de la capitale centrafricaine, sirotant un soda local, un membre du Mouvement Cœurs Unis (MCU), soutien invétéré du président centrafricain, nous fait comprendre que renoncer au pouvoir est hors de question.

« Avec la nouvelle constitution, nous sommes là pour 30 ans. Tant que le champion tiendra debout, alors il sera candidat. Même si il veut se désister, nous ses lieutenants, le forcerons à rester au Pouvoir. »

Une position déterminée et assumée par plusieurs poches de l’actuel locataire du Palais de la Renaissance, et que jusqu’alors, aucune force politique ne semble pouvoir ébranler.

 L’opposition jette l’éponge

Visiblement, les principaux partis d’opposition ne comptent pas entraver la marche de Faustin Archange Touadera vers un 3ème mandat. Du moins, c’est le message que laisse transcrire  leurs actions.

À tour de rôle, les figures de proue de l’opposition ont martelées qu’elles ne participeront à aucun scrutin, sans un dialogue politique préalable, et la réforme de l’Autorité Nationale des Elections (ANE). Nul besoin de sortir de Harvard ou la Sorbonne pour deviner la position du Pouvoir en place.

Aussi, les rapports compliqués entre opposants, tant au pays que dans la Diaspora, n’arrangent pas les choses. Crises intestines. Défections. Implosions et scissions au sein des partis. Débauchage par la majorité présidentielle.

Depuis le début du second mandat du Président Touadera, l’opposition connait un affaiblissement systématique, et semblerait bien avoir jeté l’éponge.

« Ne comptez pas  sur la France »

Dans un contexte politique tendu, des nostalgiques de la Françafrique et des réseaux Foccart, continuent de croire dur comme fer que l’ancien colon finira par miser sur un autre cheval, et mettra tout en œuvre pour pousser Touadera vers la sortie.

Même si beaucoup parlent d’une époque révolue… d’une page d’histoire définitivement tournée, cela n’empêche pas pour autant l’obstination de certains.

Aujourd’hui en exil en France, un fervent opposant au régime de Bangui, confie en marge d’un entretient :

« J’ai rencontré un diplomate et politique français en charge du dossier centrafricain. Une personnalité de haut calibre. J’ai été droit au but avec lui…Mais quand est-ce que vous allez faire partir Touadera ? »

Avare de commentaire selon notre même source, son interlocuteur aurait eu cette formule.

« Cher ami, Ne comptez pas sur la France ! C’est fini le temps ou Paris était faiseur de Rois de Bangui. »

 Et la société civile ?

Si certains leaders de la société civile centrafricaine jouissent d’une certaine notoriété sur le plan national, et au-delà des frontières, aucun n’aura pour autant su démontrer qu’il était capable de fédérer les masses pour dire NON au référendum de juillet 2023, et faire reculer le projet de la nouvelle constitution.

Au regard de cela, on voit difficilement comment ils pourront créer la surprise contre un marathon vers le premier septennat de FAT, dont la silhouette de la ligne d’arrivée se révèle chaque jour un peu plus.

Alors que la présidentielle de Décembre 2025 avance à grands pas, et que nombreux sont ceux  qui souhaitent stopper, Faustin Archange Touadera, dans sa lancée vers un nouveau mandat, la fin du film n’est-elle pas connue d’avance ?

Existe-t-il un homme ou une femme capable de le priver de son premier septennat en tant que Président de la République ?

S’inspirant de son homologue Camerounais, Paul Biya, on pourrait conclure ainsi.

« N’empêche pas un 3ème mandat qui veut…Mais qui peut. »

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