2 jeunes présidentiables en Centrafrique

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En Centrafrique, une élection présidentielle arrive à grand pas, et les candidatures se multiplient.

Un président sortant, candidat à sa propre succession.

3 anciens Chefs d’Etat. 4 anciens Premiers Ministres.

Une pléthore d’anciens Ministres et Députés en fin de mandat.

Le 27 Décembre 2020, les centrafricains et centrafricaines auront donc l’embarras du choix.

Certains disent qu’il faudrait choisir parmi la jeunesse et balayer la classe politique actuelle vieillissante.

Ziguélé, Tiangaye, Meckassoua, Dologuélé, Kamoun, Bozizé,…

Tous ont plus de la soixantaine, et arrivent lentement au terme de leur carrière.

Mais le pouvoir ne se donne pas. Il s’arrache.

Tout porte à croire, que plusieurs jeunes centrafricains ont décidés de tenter leur chance.

Cependant, il en existe très peu qui sont réellement des présidentiables.  

Dans cet article je vous en présente deux.

Qui sont-ils ?

Crépin Mboli Goumba

Un Avocat d’affaires de la quarantaine.

il fait partie des premiers acteurs politiques à déclarer sa candidature à l’élection présidentielle 2020.

Jeune et ambitieux. Il a le verbe haut. Un style dynamique. Une culture impressionnante.

Crépin Mboli Goumba est le président fondateur du parti politique PATRIE.

Cependant, la jeunesse et l’ambition peuvent-elles faire de lui un Président averti ?

Manque d’expérience

Le jeune avocat entra au gouvernement de la transition du Président Djotodjia en 2013 à l’avènement de la Séléka.

Il fut Ministre des Equipements et Travaux Publics.

Un poste qu’il occupera pendant dix (10) mois.

D’ailleurs, ce sera son unique expérience du pouvoir politique.

Qu’a-t-il pu réaliser en si peu de temps, au sein du gouvernement Séléka ?

Bien sûr, pas grand-chose.

Comment travailler dans un gouvernement ou la loi du fusil prévaut sur les idées novatrices ?

En dix (10) mois au gouvernement,  on ne peut pas prétendre connaitre l’exercice et les arcanes du pouvoir.

Et ce, surtout à la tête d’un ministère beaucoup plus technique que politique.  

Vouloir devenir Chef d’Etat, c’est noble.

C’est même légitime, car c’est un droit constitutionnel.

Cependant, au vu de son expérience politique. 

Il est clair que  Crépin Mboli-Goumba est loin d’être à la hauteur de la fonction.

Cependant, un autre détail joue en sa défaveur.

La Trahison

Mboli Goumba fit son entrée  au gouvernement en 2013 par le biais de son mentor en politique, l’imminent avocat Nicolas Tiangaye.

En effet, ce dernier fut le premier Ministre de la Transition du Président Djotodia.

Tiangaye prendra Mboli Goumba sous son aile et lui mettra le pied à l’étrier politique.

Il en fera son Ministre et ensuite son Ministre d’Etat.

Au final, le jeune Crépin va commettre l’acte de Brutus envers césar. La trahison.

Rejoignant le camp des ennemis de Tiangaye au Gouvernement.

Devenant un proche collaborateur des ministres séléka tel que Djono Abba.

Répandant ci et là des témoignages très peu reluisants contre son maitre Tiangaye.

Ceux et celles qui ont eu l’occasion de lire son livre intitulé « La Centrafrique et ses récifs »,

ont pu voir les propos peu élégants de l’auteur envers celui qui jadis,

lui fit faire ses premiers pas dans l’arène du pouvoir.

Cette trahison est un épisode noir de sa carrière politique qui a sévèrement entaché sa réputation.

Crépin Mboli Goumba possède-t-il l’expérience requise pour être Chef d’Etat ?

Apres avoir trahi son mentor qui est un grand intellectuel.

Lui serait-il difficile de trahir un peuple à majorité analphabète ?

Ce qui est sûr, c’est qu’il n’existe rien de nouveau sous le soleil.  Qui a trahi, trahira.

Jean Serge Bokassa

Ce jeune quadragénaire est le fils de l’empereur jean Bedel Bokassa.

Il s’est brillamment démarquer lors de la dernière élection présidentielle en 2015,

Ravissant 6 pour cent des voix au premier tour. Une surprise pour beaucoup.

Reconnu comme celui qui a fait basculer l’élection en faveur de Toudera, qu’il a rejoint au second tour,

Bokassa a de l’expérience dans les arcanes du pouvoir.

Son parcours

Deux fois ministre. Une fois député pendant 5 ans, il a servi deux Président.

Ministre de la Jeunesse et des Sports pendant un an sous le régime du président Bozizé.

Ministre de la Sécurité Publique et de l’Administration du Territoire pendant deux ans sous le régime de Touadera.

En tant que Ministre et élu de la Nation pendant des années,

Jean Serge Bokassa est le jeune politique centrafricain qui possède le plus d’expérience politique.

Cependant, une arme capitale manque à son arsenal pour conquérir le pouvoir suprême.

Pas de projet

Jean Serge est certes très apprécié dans le milieu jeune centrafricain.

La communauté internationale voit en lui un leader de demain.

Cependant, quel est son projet de société pour l’avenir de son pays ?

On peut déceler un manque de clarté et de cohérence dans ses paroles et ses actions.

Bref, Bokassa manque de constance dans sa politique.

S’il veut convaincre la masse populaire et les partenaires internationaux,

Il devra travailler sur son offre politique et son plan d’action,

qui jusqu’à présent, sont assez illisibles.

Crépin Mboli-Goumba et Jean Serge Bokassa  ont un avenir politique devant eux.

Certes, ils doivent encore travailler pour gagner un poids politique conséquent.

Le voyage jusqu’à la Présidence de la République ne s’annonce pas facile.

Mais il n’est pas impossible.

Célestin Magbalé, Journaliste indépendant

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