Site icon Centrafrica

Accusé de financer un groupe armé, Sylvain Patassé réagit sans détour

Député en exercice de la 2ème circonscription de Nana Bakassa, Sylvain Patassé, a été réélu dès le 1er des législatives du 28 Décembre 2025, obtenant 54% des voix selon l’Autorité Nationale des Élections. Dans la foulée, son principal adversaire, membre du Mouvement Cœurs Unis, dépose auprès du Conseil Constitutionnel une requête en annulation du scrutin…Il accuse Sylvain Patassé d’avoir financé un groupe armé dans le but de l’empêcher de battre campagne. Le 27 février, le Conseil Constitutionnel rend son verdict. Le 1er tour est annulé. Dans une interview exclusive accordée à Centrafrica, le candidat Patassé réagit à ces accusations.

Le Conseil Constitutionnel a annulé le 1er tour du scrutin des élections législatives dans votre circonscription. Quelle est votre réaction face à cette décision ?

Je dois avouer ma profonde stupéfaction face à cette décision. Même si le républicain que je suis respecte les décisions de la juridiction constitutionnelle, je dois dire que les faits évoqués par mon challenger, et repris par le Conseil constitutionnel pour motiver l’annulation du scrutin, sont d’une extrême gravité. Ils touchent à des accusations qui portent non seulement atteinte à mon honneur, mais aussi à la crédibilité du processus démocratique.

Votre principal adversaire, candidat du MCU parti au pouvoir, a déposé auprès du Conseil Constitutionnel une requête en annulation des élections, vous accusant d’avoir financé un groupe armé pour l’empêcher de battre campagne. Des accusations qui sont graves. Que répondez-vous à cela ? De quel groupe rebelle s’agit-il ?

La nature des faits allégués contre moi soulève légitimement des interrogations, car des accusations aussi lourdes devraient être étayées par des éléments probants et faire l’objet d’investigations approfondies. C’est précisément la gravité de ces accusations qui m’interpelle. On m’accuse d’avoir financé un groupe rebelle, ce qui est une affirmation extrêmement sérieuse, mais à ce jour aucune preuve concrète n’a été rendue publique pour étayer ces allégations.

Dans un cas aussi grave, la démarche normale aurait été que le Ministère public s’autosaisisse afin de faire toute la lumière sur de tels faits, plutôt que de se limiter à une annulation du scrutin. Quant à la question de savoir de quel groupe rebelle il s’agirait, je suis moi-même incapable de vous répondre, car aucun élément précis n’a été fourni à ce sujet par ceux qui m’accusent.

Il parle d’un financement de 10 millions de FCFA à ces rebelles. Vu la gravité de l’accusation, ne craignez-vous pas une enquête contre vous et des probables poursuites judiciaires ?

Justement, c’est mon souhait le plus clair : que toute la lumière soit faite. Si des accusations aussi graves sont portées contre ma personne, la seule réponse digne dans un État de droit est l’ouverture d’une enquête sérieuse et indépendante. Si les autorités judiciaires ne se saisissent pas de cette affaire, je me réserve le droit de les saisir moi-même afin qu’une procédure permette d’établir la vérité. Mon objectif est simple : que mon honneur, qui demeure intact, soit définitivement lavé par la manifestation des faits.

Aujourd’hui vous vous exprimez sur ce sujet certes, mais ne réagissez-vous pas maintenant parce que la décision du Conseil Constitutionnel vous est défavorable ?

Ma réaction n’est pas motivée par le simple fait que la décision du Conseil constitutionnel me soit défavorable. En démocratie, il arrive que des décisions de justice ne nous soient pas favorables et nous devons les accepter. Ce qui me pousse à m’exprimer aujourd’hui, c’est la gravité des accusations portées contre moi. Elles sont d’autant plus incompréhensibles que mon challenger et moi appartenons tous deux à la majorité présidentielle. Dans ces conditions, il est légitime que je demande des clarifications et que je défende mon intégrité.

Depuis plusieurs années déjà votre parti politique Centrafrique Nouvel Élan (CANE) est un allié du parti présidentiel, MCU. Pourquoi son candidat vous accuse-t-il de façon aussi dure, et selon vous sans aucune preuve ?

Comme vous l’avez justement rappelé, mon parti, le Centrafrique Nouvel Élan (CANE), est membre à part entière de la majorité présidentielle. C’est précisément ce qui rend cette situation paradoxale. Nous sommes censés partager un même engagement pour la stabilité et le développement du pays.

Pourtant, des accusations graves et non étayées ont été portées contre moi. Tout porte à croire que le problème dépasse le cadre strictement politique et semble davantage lié à ma personne, à savoir Sylvain Patassé. Pourquoi cela dérange-t-il certains ? Je ne saurais vous le dire avec certitude.

Le 1er tour des élections législatives sera donc repris dans votre circonscription. Avec quel état d’esprit y allez-vous ? Etes-vous confiant pour la suite ?

Je me rends à la reprise de ce scrutin avec sérénité et confiance. Mon engagement auprès des populations de ma circonscription est ancien, constant et connu de tous. Mon ancrage politique et mon leadership local reposent sur un travail de proximité, d’écoute et d’accompagnement des communautés.

Je reste donc convaincu que les électeurs sauront faire la part des choses et se prononcer librement. Je me prépare à cette nouvelle échéance avec le même état d’esprit : respect du peuple, confiance dans la démocratie et détermination à poursuivre mon engagement au service de ma localité.

Rejoignez notre liste d’abonnés

Quitter la version mobile