Alors que la nouvelle de l’arrestation de deux algériens à Bangui, et la découverte d’un arsenal de guerre à leur domicile défraye la chronique…Centrafrica vous présente ce qu’on sait des « présumés mercenaires » arrêtés le 10 juin 2024.
Entrepreneurs miniers
Les dénommés Osmani Samir Antonio et Bensalem Haçade sont à la tête d’une société minière spécialisée dans l’exploitation d’or et diamant.
Selon une source au Ministère centrafricain des mines, leur permis d’exploitation leur avait été retiré depuis plus d’un an.
Cependant, ils sont toujours restés actifs dans le secteur, notamment à travers l’achat direct et la revente d’or et diamant.
Citoyens français
De nationalité algérienne, les deux hommes sont chacun détenteurs d’un passeport français.
La rédaction de Centrafrica, a pu se procurer les copies authentiques des deux passeports dont l’un est expiré, et l’autre en cours de validité.
Acteurs du commerce d’or et diamants en Centrafrique, les deux expatriés étaient sous protection de plusieurs éléments des Forces Armées Centrafricaines (FACA).
« Toujours bien gardés »
Un diplomate africain en poste à Bangui qui connait les intéressés témoigne :
« je les connais. Ils sont dans l’or et les diamants…Ils font des affaires avec des Suisses. »
Surpris des accusations de mercenariat qui leur sont imputées au regard des armes retrouvées à leur domicile, notre source poursuit.
« Ça m’étonne, car ils sont toujours entourés de plusieurs militaires centrafricains armés. »
Des faits corroborés par un entrepreneur centrafricain, proche des deux expatriés.
« Ces gars sont dans le pays depuis des années. Ils achètent de l’or et des diamants vers Nola…parfois ils envoient des gens pour les achats. Ils ont toujours été bien gardés par des FACA, que ce soit en déplacement ou à leur residence..Ils ne se cachaient pas. »
Selon l’homme d’affaires, les deux algériens bénéficiaient de la protection d’hommes puissants à Bangui. Il évoque un deal qui aurait mal tourné.
« Il faut regarder du côté des personnes qui les protègeaient dans le pays. Certainement, les choses ont capoté entre eux, et aujourd’hui on veut les accuser d’être des barbouzes. Cette histoire est louche !«
Anciens parachutistes militaires
Selon les services centrafricains de sécurité intérieure, suite à leur interrogatoire, il s’avère que les deux hommes seraient « d’anciens militaires, issus d’un régiment de parachutistes » de l’armée française.
Une source sécuritaire indique qu’un officier de l’armée centrafricaine serait également en détention en rapport avec ce dossier, dont les ramifications impliqueraient plusieurs peronnalités politiques et militaires en RCA. Depuis l’annonce de cette affaire, une enquête serait ouverte.