À six (6) mois des élections élections présentielle et législatives prévues en décembre 2025 en République Centrafricaine (RCA), les acteurs politiques locaux se mettent au pas de course. Congrès, primaires, déclaration de candidatures, meetings, tous les artifices sont utilisés pour préparer le terrain. Cependant, ces prochains scrutins sont considérés comme ceux de la dernière chance pour certains.
Un pouvoir compressé
Au sein du Mouvement Cœurs Unis (MCU), c’est le temps aux primaires et à la désignation des candidats qui porteront les couleurs du parti aux prochaines élections législatives.
Un exercice qui n’est pas sans difficultés, mais plutôt en proie à plusieurs contestations et divisions sur le choix de certains candidats, tandis que d’autres sont plébiscités sans aucune concurrence.
Une énième guerre intestine de pouvoir. Ces luttes internes auxquelles sont souvent en proie les partis politiques.
Cependant, des risques d’implosion pointent à l’horizon au regard de ceux qui se sentent lésés, alors qu’ils ont comme on le dit « mouiller le maillot » pour le parti, et réalisent qu’ils ne sont pas considérés digne de se présenter comme candidat sous sa bannière.
Un scénario qui n’est pas prêt de voir le jour concernant l’élection présidentielle.
Sans surprise, le candidat qui sera désigné lors du congrès du MCU en juillet prochain est bel et bien, Faustin Archange Touadera, celui que les militants du parti surnomment affectueusement : Champion.
Une opposition vacillante
En Centrafrique, les principaux partis d’opposition sont réunis au sein du Bloc Républicain pour la Constitution (BRDC), sauf le parti Kwa Na Kwa (KNK) de l’ex-président François Bozizé, dont les bases sont encore présentes dans le pays, et cela, même si la majorité de ces cadres influents demeurent jusque-là en exil.
Certaines personnalités et partis politiques d’opposition se préparent activement aux élections, même si la majorité laisse entendre qu’ils souhaitent un dialogue politique, condition de leur participation aux prochains scrutins électoraux.
Dialogue dont la probabilité de voir le jour est bien faible si on observe le climat politique qui prévaut à six (6) mois des élections.
Le BRDC exige un médiateur qui serait un chef d’État étranger. Hors de question à cette condition pour le Pouvoir qui demande les thématiques dont l’opposition souhaiterait débattre.
Chaque partie campe sur sa position. Une situation qui profite au Pouvoir qui envisage d’organiser les élections en 2025 avec ou sans ceux qui en 2022 ont boycotté le Dialogue Républicain.
Un proche du président centrafricain confiera :
« Il n’y aura pas de Dialogue. On va aller aux élections, un point c’est tout ! Ils auraient du venir au dialogue républicain…Maintenant, c’est eux qui crient au Dialogue. Il n’y aura pas de Dialogue ! »
La dernière chance
Au vu de la nouvelle constitution centrafricaine adoptée en aout 2023, le mandat du Président de la République et des députés passe de sept (7) ans renouvelable (plusieurs fois), contre un mandat de cinq (5) ans renouvelable une fois pour le Président dans la constitution de 2016.
Une nouvelle disposition qui risque fort bien de reléguer à la case « retraite » plusieurs personnalités politiques du pays.
En effet, certains candidats malheureux dans le passé en seront à leur 3ème, voire même 4ème candidature à l’élection présidentielle en décembre 2025.
Au sein de leur formation politique, plusieurs voies ambitieuses émergeront certainement lorsqu’elles sentiront leur temps venu.
Concernant, les nouveaux venus sur la scène de la présidentielle, ce sera l’occasion de se faire les dents.
Certains survivront, tandis que d’autres par manque de consistence et d’expérience, disparaitront après ces élections en 2025 qui seront celles de la dernière chance pour de nombreux ambitieux du camp présidentiel tout comme pour ceux de l’opposition.
La question : qui saura saisir cette chance ?