Alors que les députés centrafricains sont appelés dans 2 semaines à élire les membres du Bureau de l’Assemblée Nationale, les tractations et manœuvres politiques vont bon train.
Ce scrutin annuel visent les postes suivants : 4 vice-présidents, 3 Questeurs, et 3 secrétaires parlementaires.
Observant la dynamique engagée dans les coulisses du parlement à l’approche imminente de ce vote, tous les regards sont fixés sur la cible principale.
l’actuel Premier Vice-Président de l’Assemblée Nationale (VPAN), Évariste Ngamana, député de la circonscription de Carnot 1.
La fronde s’organise
Farouchement opposé à l’ascension politique de celui qui est depuis le 26 mai 2023, Président du Parlement de la Communauté Economique Monétaire d’Afrique Centrale (CEMAC),
un groupe constitué de députés frondeurs travaillent contre le maintien de Ngamana en tant que 1er VPAN.
Une tentative perdue d’avance selon plusieurs parlementaires membres de la majorité. Un élu du Rassemblement Democratique Centrafricain (RDC), parti allié du Pouvoir, explique :
« Ngamana est indéboulonnable. Ceux qui veulent le faire tomber en mars perdent leur temps. Ils se fatiguent pour rien. »
Un avis qui est très loin d’être partagé par certains caciques de la majorité, qui voient là, l’occasion de se débarrasser d’un concurrent.
Un député, membre du bureau politique du Mouvement Cœurs Unis (MCU), et proche du Président de l‘Assemblée Nationale (PAN), déclare sans ambiguité :
« Ce n’est pas parce qu’il est le beau-frère du Chef de l’Etat qu’il est politiquement intouchable. »
Des propos qui en disent long sur les intentions du deputé.
Vers un 4ème mandat ?
Élu en 2021 par ses pairs, 1er Vice-Président de l’Assemblée Nationale au lendemain des élections législatives, Évariste Ngamana, a réussi à se faire réélire successivement en 2022 et 2023.
Une longévité à ce poste, qui est un fait rare dans l’hitoire du parlement centrafricain. En mars prochain, son fauteuil sera donc remis en jeu.
Celui que l’on surnomme « le jeune loup de Touadera » arrivera-t-il à user de ses relais politiques pour s’y maintenir ?
L’opposition fortement minoritaire au sein du parlement a peu de chances d’inverser la donne.
Cependant, selon Armand Gbemon, politologue averti et observateur de la vie politique en RCA, la menace émanerait de sa propre famille politique. Il affirme :
« Aujourd’hui, ceux qui veulent faire obstacle à Evariste Ngamana, ce sont les opposants de l’intérieur de la majorité…Sa proximité avec le Chef de l’Etat gêne beaucoup. Notamment, le Président de l’Assemblée Nationale qui ne l’a jamais porté dans son cœur. Sans compter son ascension politique fulgurante qui lui a fait plus d’enemis qu’il en avait aupravant. »
« Mission impossible »
Reconnu comme artisan du « Oui » au référendum pour la nouvelle constitution, et fidèle du Président Centrafricain, Ngamana semblerait immunisé contre les projets visant à sa chute politique…
Dépeignant le profil d’un homme serein, un membre de son cabinet parlementaire de la CEMAC confie :
« L’honorable Ngamana est impassible quand on lui parle des gens qui veulent le faire tomber. Il a toujours la même formule froide quand on évoque le sujet, il dit : allons à l’élection ! »
Selon un député de l’opposition,
Afin d’empêcher Évariste Ngamana de rempiler pour un 4ème mandat en tant que 1er Vpan, il faudrait arriver à convaincre, Faustin Archange Touadera, de se séparer de son « jeune loup« .
Escquissant un sourire le parlementaire confie :
« À l’heure à laquelle je vous parle, dans le contexte actuel, c’est mission impossible ! »