À trois (3) mois des élections locales en Centrafrique, la scène politique nationale est en pleine ébullition.
l’Autorité Nationale des Élections (ANE) est au four et aux moulins. La Communauté internationale apporte son soutien logistique et financier. Les partis politiques et personnalités publiques affirment leur position.
C’est le cas de Crescent Beninga, Porte-parole du Groupe de Travail de la Société Civile (GTSC), face à l’annonce de la non participation du Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution (BRDC), aux élections locales prévues en octobre prochain.
« Que tout le monde aille aux élections »
Très critique de la politique du régime en place, Crescent Beninga, est une des personnalités les plus en vue de la société civile centrafricaine.
Il fait un diagnostic controversé de la prise de position des principaux partis d’opposition réunis au sein du BRDC. Selon lui, la politique de la chaise vide n’est pas envisageable.
« Je suis contre la politique de la chaise vide…ça ne profite à personne, même pas au pouvoir en place »
Évoquant les différentes revendications des opposants, Beninga propose des pourparlers au préalable.
« Je comprends l’opposition qui a des doutes, et des craintes qui peuvent se justifier et s’expliquer…Pour moi, il faut créer un cadre d’échange pour qu’on se parle, et qu’au sortir de là, nous ayons des vues conciliables. »
Une proposition louable certes, mais qui selon plusieurs observateurs, a fort peu de chances d’aboutir au regard du clivage politique profond qui prévaut en RCA.
Un vœu pieux
À l’instar de Bruno Foucher, Ambassadeur de France à Bangui, Crescent Beninga, invite les principaux partis d’opposition à participer aux prochaines élections lcoales.
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« Je formule le voeux que l’opposition aille aux élections locales, législatives, et à l’élection présidentielle « . a-t-il déclaré dans une interview accordé au média centrafricain SAPROD TV.
Selon lui, une solution viable est possible, à condition qu’un cadre d’échanges soit défini entre les différents acteurs politiques centrafricains « afin que tout le monde aille aux élections ».
Contre-attaque du Gouvernement
Le 13 juin 2024, l’opposition réunie au sein du BRDC, avait posé comme conditions à sa participation aux élections locales : l’abrogation de la nouvelle constitution adoptée en 2023. Un retour à la constitution 2016. Une refonte en profondeur de l’ANE, l’organe en charge d’organiser les élections.
Dans son adresse hebdomadaire à la presse, le Porte-parole du Gouvernement, Maxime Balalou, déclarait le 25 juin 2024.
« Quelles que soient les agitations des opposants, les élections locales auront lieu. »