Pourquoi Dologuélé fait espionner son ancien conseiller Gazam Betty ?

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Gazam Betty à gauche et Dologuélé à droite

Le 12 août 2021, vers 11 heures, après avoir quitté la Direction générale de la police pour l’affaire de la confiscation de mon passeport la veille de mon retour de N’Djamena,

je rencontre un journaliste centrafricain dont je tais le nom. Je lui rapporte les faits concernant mon passeport.

Après m’avoir prodigué quelques conseils concernant l’affaire, il m’annonce une nouvelle qui m’interpelle.

Ce matin, il a reçu un appel Whatsapp de Anicet Georges Dologuélé depuis la France.

Il me montre le journal des appels entrants sur son téléphone. L’heure indique 7 h 48 du matin.

Pendant la conversation, AGD lui dit :

J’ai vu la publication de ton ami. Qu’est-ce qui se passe ? Il a des problèmes ?

Le journaliste lui expliquera brièvement la situation de mon passeport, lui précisant que ce matin je dois me rendre à la police pour la suite.

Le journaliste me confie que depuis son départ en France, Monsieur Dologuélé n’a pas répondu une seule fois à un de ses appels ou SMS.

Mais subitement, aujourd’hui il l’appelle. Il a compris que c’était pour parler de mon cas.

Vers 14 heures le même jour, mon chauffeur m’informe que Emmanuel Yendema, Secrétaire général du parti URCA, vient de l’appeler sur son portable.

Il lui demande de le rencontrer d’urgence, car il a une commission à lui faire.

Le matin AGD appelle le journaliste et évoque ma situation. Dans l’après-midi le Secrétaire General de son parti appel mon chauffeur. Curieuse coïncidence.

Pourquoi le SG du parti duquel j’ai démissionné contacte mon chauffeur personnel ?

Je permets à mon chauffeur d’aller le rencontrer en lui donnant pour instruction de répondre naïvement aux questions qui lui seront posées.

À son retour il me fait le compte rendu de leur entretien.

Emmanuel Yendema – Secrétaire General URCA

Le SG l’a questionné sur mes déplacements, ma situation financière, mon entourage.

Il lui a proposé de le tenir au courant de tous mes prochains déplacements et rencontres.

J’instruis mon chauffeur de jouer le jeu pour en savoir plus et récolter des preuves d’une sombre entreprise.

Les prochains jours qui suivent, Emmanuel Yendema appelle mon chauffeur plusieurs fois sans savoir qu’il est sur haut-parleur et enregistré.

Sur mes instructions, mon chauffeur lui donne un panel de fausses informations. Il lui parle de certaines entevues aves des gens du parti MCU.

Sans savoir que c’est de la pure fiction, le SG lui demande de tout faire pour avoir les noms de mes interlocuteurs.

Un jour, j’instruis mon chauffeur de demander de l’argent au SG afin que ce dernier pense vraiment qu’il l’a dans la poche,

et qu’en plus des enregistrements, je puisse récolter une preuve financière de cette opération d’espionnage.

Chose faite.

Mon chauffeur fait comprendre à Emmanuel qu’il est malade, et qu’il a besoin d’un peu d’encouragement de leur part.

Le piège fonctionne. Mercredi 18 aout 2021, Olivier Boua, le chargé de mission particulier de Dologuélé appelle mon chauffeur sur son portable et lui dit :

« J’ai une petite commission pour toi. Faut venir la chercher ».

Il demande à mon chauffeur de venir le retrouver sans ma voiture de peur que des yeux indiscrets puissent le voir.

Mon chauffeur se rend donc au domicile d’AGD, et est reçu par son chargé de mission particulier qui lui remet la somme de 50 000 FCFA en lui disant :

« le patron a appris que tu es malade donc il t’envoie ça pour acheter quelques médicaments ».

Ce qui est curieux, c’est que pendant les deux ans où j’étais son conseiller, Dologuélé ne s’est jamais soucié de l’état de santé de mon chauffeur, encore moins de lui donner de l’argent. Qu’est-ce qui a changé ?

Mon chauffeur me fait le rapport de sa rencontre et me remet les 50 000 FCFA de la forfaiture.

Olivier lui a demandé, de l’appeler à tout moment pour lui donner des informations sur mes allers et venus.

Christian Gazam Betty et Olivier Boua en 2020

Le 20 et 22 aout 2021, contacté par le chargé de mission particulier de Dologuélé, mon chauffeur lui répond qu’il n’y a aucune nouvelle pour le moment.

Le lundi 23 aout 2021, j’instruis mon chauffeur de donner une fausse information au chargé de mission.

S’il t’appelle aujourd’hui, tu lui dis que ce soir je rencontre un ministre Conseiller de Touadera vers 20 h, et que demain je rencontre le Président de l’Assemblée Nationale SARANDJI.

Vers 18 heures, Olivier le chargé de mission appelle le chauffeur sans se douter qu’il est lui aussi sur haut-parleur et enregistré.

Comme convenu, il reçoit l’information de la rencontre de ce soir et de demain avec SARANDJI.

Je sais exactement ce que Olivier va faire. Il va s’empresser de remonter l’information à son patron pensant qu’il vient d’avoir un scoop.

Pour avoir été son conseiller, je connais bien le fonctionnement de Dologuélé.

Dès qu’il va apprendre la FAUSSE nouvelle, il va paniquer et chercher à la faire fuiter, en se disant que cela empêchera la rencontre et jetera le discrédit sur ma personne.

Ça ne tardera pas. Vers 23 heures du soir, le site en ligne letsunami.net publie un article titré :

Affaire levée d’immunité parlementaire des députés Dologuélé Ziguélé et Zingas. SARANDJI rencontre demain Gazam Betty 

Le piège a fonctionné.

Le rédacteur de cet article connu pour son opposition au régime Touadera s’est fait manipuler comme un débutant.

Le mardi 24 aout 2021 au matin, la directrice de Cabinet Europe de Dologuélé relaye l’article sur son profil Facebook,

sans se priver au passage de me traiter de traitre et autres noms d’oiseaux dans les commentaires.

M’accusant de casser du sucre sur son patron pour avoir de quoi à manger de la part de Touadera.

C’est triste, elle ne sait pas ce qu’elle dit. Elle n’est pas la seule d’ailleurs. Cependant, je ne leur en veux pas.

Aujourd’hui, je ne demande qu’une chose.

J’ai démissionné sans taper sur Monsieur Dologuélé et son parti, comme beaucoup d’autres l’ont fait.

Ce n’est pas mon éducation.

Malgré les insultes et les dénigrements sur mon nom depuis ma démission, je n’ai jamais dénigré Monsieur Dologuélé et son parti.

Alors pourquoi Dologuélé se livre-t-il à de telles pratiques à mon égard ?

De quoi a-t-il peur ? A-t-il quelque chose à se reprocher ?

Je prends ici à témoin l’opinion publique et la communauté internationale que dans le cas où cette cabale à mon égard ne s’arrête pas immédiatement, je passerai à la vitesse supérieure.

Si Monsieur Dologuélé et son secrétaire général et son chargé de mission veulent me démentir,

en disant que cette histoire n’est que mensonge, alors je les invite à porter plainte contre moi pour diffamation.

Je serais ravi de me rendre devant le juge avec les preuves audios des conversations téléphoniques entre mon chauffeur, le Secrétaire général de l’URCA, et le chargé de mission particulier.

La balle est maintenant dans son camp.

Je prends à témoin l’opinion publique et la communauté internationale concernant mon chauffeur, Fabien Gougana, qui a été fidèle envers ma personne en refusant de me livrer.

Si par malheur son intégrité physique et celle de sa famille venaient à être violées,

alors je pointerais du doigt Anicet Georges Dologuélé, Olivier Boua et Emmanuel Yendema.

En ce qui me concerne, je m’exprimerais plus en détail très bientôt lors d’une conférence de presse,

pendant laquelle je me réserve le droit si nécessaire, de rendre public les audios sonores en ma possession,

et de profiter de l’occasion pour éclairer l’opinion sur d’autres sujets.

Alors dans ce cas, comme le disait le feu président malien Amadou Toumani Touré :

« Certainement, le feu sortira de l’eau. »

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