Centrafrique : Quand l’opposition politique se tue elle-même

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Le 21 juillet 2021, une tuerie de masse dans la ville de Bossangoa a soulevé une grande émotion dans le pays, et un tollé au sein de la classe politique centrafricaine.

Plusieurs partis politiques ont pondu des communiqués pour condamner cet acte ignoble qui a ôté la vie à plusieurs Centrafricains.

MLPC, PCNC, KNK, URCA, NMKMS…bref, la liste est longue.

Cependant, après de l’attaque de la rébellion CPC du 13 janvier 2021 sur la ville de Bangui,

mise à part le parti MLPC de Martin Ziguélé et le parti PATRIE de Crépin Mboli Goumba, qui très tôt avaient condamné les attaques rebelles,

la majorité des partis politiques mentionnés ci-dessus ont observé un silence radio impressionnant, voire même inquiétant.

Résultats des courses ?

Le pouvoir en place a étiqueté l’opposition, particulièrement le COD 2020, de branche politique de la rébellion.

Une thèse approuvée par une grande frange de la population centrafricaine qui suspecte une complicité de plusieurs opposants avec la CPC.

Le paradoxe

Alors pourquoi ce silence radio des principaux partis d’opposition suite à de la tentative de coup d’État du 13 janvier 2021 ?

Et pourquoi un tel engouement après de l’attaque de Bossangoa ?

Dans les deux cas, des vies ont été fauchées.

À Bossangoa, des jeunes centrafricains ont été assassinés.

Le 13 janvier 2021, c’est plusieurs militaires centrafricains qui ont expiré leur dernier souffle sous le feu des rebelles.

Dans un scénario, les leaders de l’opposition se taisent et dans l’autre ils crient à la justice.

En fait, ils se mettent eux-mêmes la corde au cou par leur incohérence et inconsistance. C’est triste, mais c’est la triste réalité.

Comment comprendre qu’hier, ils condamnaient les groupes armés et demandaient que ces derniers soient neutralisés.

Et puis, dès lors que François Bozizé a rejoint les groupes armés, ces mêmes leaders de l’opposition sont devenus muets comme des carpes.

Aujourd’hui, quand on évoque l’implication des paramilitaires Russes dans des crimes contre la population, alors ils ressortent tous de leur trou.

L’incohérence du COD 2020

La coalition de l’opposition démocratique (COD 2020) est la plateforme regroupant les principaux acteurs de l’opposition.

Ce qui est surprenant, c’est que cette dernière n’a jamais pris un acte de radiation envers le parti kwa Na kwa (KNK),

alors que François Bozizé président en exercice de ladite coalition avait déjà rejoint officiellement le maquis et la CPC le 26 décembre 2020.

Cependant, les leaders de la COD 2020 se sont empressés de radier le parti RDC du feu Désiré Kolingba pour diverses raisons,

dont le fait que ce parti aurait négocié son entrée au gouvernement de manière unilatérale avec le pouvoir en place.

Donc d’une part, un homme de votre camp prend les armes contre les institutions de la République, vous ne condamnez pas son acte, et vous ne le radiez pas de votre coalition.

D’autre part, un parti qui négocie sa survie politique sans votre accord, alors là, vous le radiez.

Non, mais c’est l’hôpital qui se fout de la charité.

Lorsqu’un homme prend les armes contre les institutions de la République, il faut le condamner haut et fort.

C’est la responsabilité de tous les hommes et femmes politiques qui aspirent à diriger leur pays.

Si on ne le fait pas, cela ne peut signifier que deux choses.

Soit on approuve, ce qui fait de nous un complice.

Soit on n’a pas le courage de condamner une rébellion armée par peur de représailles, et donc il faudrait peut être choisir un autre métier que la politique.

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