Le 30 Novembre 2023, le Ministre d’Etat en charge de Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement, Jean Willybiro Sacko, en mission au Tchad, s’est entretenu avec le chef de guerre Mahamat Alkatim.
Porteur d’un message du Président de la République centrafricaine, Faustin Archange Touadera, à son homologue tchadien,
le numéro 2 du Gouvernent centrafricain s’était entretenu avec le Président Mahamat Idriss Déby, quelques jours avant la rencontre avec Alkatim résident pour le moment au Tchad.
Au menu des discussions :
le retour du chef rebelle et de sa formation le MCP dans l’Accord de Khartoum, qu’il avait dénoncé en rejoignant la Coalition des Patriotes pour le Changement (CPC), en Décembre 2020.
À la grande stupéfaction de l’opinion nationale et internationale, le 3 Novembre 2023, à travers un communiqué de presse, Mahamat Alkatim annoncait son retrait effectif de la CPC, et son souhait de réintégrer l’Accord de Khartoum.
« Le Général Alkatim veut réintégrer l’accord de paix signé à Khartoum et rentrer en Centrafrique son pays…Nous avons fait part au gouvernement de certaines de nos préoccupations par rapport à cela et demander que quelque chose soit fait… » a indiqué un membre du MPC.
Une grâce présidentielle ?
Le désormais ex-leader de la CPC, bien que n’étant plus en position de force d’antan a tout de même posé certaines conditions.
Notamment, concernant la condamnation à perpétuité dont il fait l’objet.
Selon un communiqué conjoint signée le 30 novembre 2023 par les autorités centrafricaines et tchadiennes, ainsi que le MPC,
le leader rebelle et ses collaborateurs souhaiteraient qu’une « mesure de confiance » soit prise afin de faciliter la suite du processus de réintégration dans l’accord de Khartoum.
Que comprendre par « mesure de confiance » ?
Réaménagement de peine ? Amnistie ? Grâce présidentielle ?
Selon des sources proches du dossier,
Alkatim qui a longtemps sévit en Centrafrique souhaiterait voir sa condamnation a perpétuité révisée voire même évincée.
Le Ministre tchadien de la Sécurité Publique est désigné comme facilitateur de la suite du processus enclenché, alors que l’Ambassadeur centrafricain auprès du Tchad fera lui office de point focal.
Revenir en Centrafrique permettrait au chef rebelle Alkatim de reprendre la main sur une manne financière issue des activités commerciales relatives aux bovins et aux minerais qu’il avait perdue.
Alors que certains politiques et diplomates à Bangui évoquent une possible amnistie, les coulisses du Palais de la Renaissance indique un autre son de cloche.
Le Président centrafricain pourrait opter pour un retour du chef de guerre dans l’Accord de Paix, sans pour autant faire annuler sa condamnation, selon certains de ses conseillers.
Interrogé sur la question, un leader de la société civile proche du Président Touadera confie :
« On a déjà vu dans ce pays des cas où les gens sont condamnés et rentrent au pays sans être inquiété par la même justice qu’il les a condamné. Le cas le plus récent est celui de l’ancien président Bozizé lors de son retour d’exil en 2020… »