Diamant centrafricain: pourquoi est-il tant convoité ?

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En octobre 1979, le diamant centrafricain fait la couverture des médias français,

c’est le scandale de l’affaire dite des « Diamants de Bokassa ».

Giscard d’Estaing et Jean Bedel Bokassa

Presse écrite et journaux télévisés dévoilent au grand public comment Jean Bedel Bokassa alors Président Centrafricain,

offrit une plaquette de diamants de 30 carats à Valéry Giscard d’Estaing,

lorsqu’il était Ministre des Finances de la République Française lors d’ une visite d’état en Centrafrique.

Le problème, c’est qu’à l’heure de ces révélations, la campagne présidentielle bat son plein en France, 

et Giscard n’est plus Ministre des Finances, mais plutôt,

Président de la République sortant et candidat à sa propre succession.

Résultat des courses, sa réputation en pâtira fortement et il sera battu par Mitterand.

On ira jusqu’à dire que c’est l’affaire des diamants de Bokassa qui lui feront perdre ces élections.

Si beaucoup connaissent les brillants de Centrafrique à travers cette histoire rocambolesque,

Très peu savent que le diamant centrafricain est l’une des pierres précieuses les plus appréciées au monde.

En effet, les spécialistes le classent parmi les meilleurs diamants sur terre.

Dans cet article, nous verrons ensemble pourquoi il  est tant apprécié,

et recherché par les diamantaires et bijoutiers du monde.

Un diamant de joaillerie de très bonne qualité

En discutant avec des professionnels et commerçants du secteur de la pierre précieuse,

ils vous diront que le diamant centrafricain est en majorité destiné à la joaillerie et très peu à des fins industrielles.

Réputé pour sa pureté, les spécialistes sont unanimes sur son excellente qualité,

et le classent dans le top 5 des plus beaux diamants au monde.

70% de la production de diamant en Centrafrique est destinée à l’exportation et aux grands marchés internationaux.

Le diamant centrafricain est en majorité utilisé pour faire de beaux bijoux,

qui finissent exposés dans des bijouteries de grandes capitales comme Anvers, Paris ou New York.

Le diamant centrafricain est très accessible

En Centrafrique, il n’existe pas d’exploitation industrielle de diamant,

comme on pourrait en trouver au Botswana ou en Afrique du Sud.

L’exploitation se fait de manière artisanale ou semi-mécanisée mais toujours dans les cours d’eau.

Le diamant centrafricain repose principalement dans le lit des rivières et est donc très accessible.

Il ne faut donc pas d’énormes moyens pour l’exploiter et en tirer de gros profits.

En effet, la valeur et rentabilité des ces pierres peut être multiplié par dix mille,

une fois les pierres taillées et déposé sur le marché du diamant.

Manque de contrôle de L’Etat

Avant la crise de 2013 le diamant représentait a peu près 50% des exportations de Centrafrique.

Les frontières étant poreuses, et les forces de sécurité ne couvrant pas toute l’etendue du territoire,

Par conséquent, groupes armés et mafieux de tous genres affluent dans le pays

pour s’accaparer cette richesse qui recèle dans le sous-sol centrafricain.

Ils débarquent dans les zones diamantifères par voie routière ou aérienne,

exploitent le diamant, et repartent avec leur marchandise sans reverser un sous à l’Etat et sans être inquiétés.

La partie des diamants centrafricains sortant illégalement du pays est estimée à plus de 20% de la production nationale.

En d’autres termes, L’Etat Centrafricain ne contrôle pas le commerce de son diamant, ce qui encourage la fraude.

Le prix du diamant centrafricain

La Centrafrique est actuellement sous embargo partiel de l’exportation du diamant.

Un embargo qui touche particulièrement l’est du pays, qui se trouve être la zone qui produit les plus gros diamants du pays,

et comme par hasard les localités de cette zone sont sous contrôle des groupes armés.

Cet embargo favorise le commerce illicite du diamant vers des plateformes tel que Dubai et les Emirats Arabes Unis,

en passant par des pays voisins comme le Cameroun ou le Soudan.

Une fois arrivé sur le marché international, particuliers et grandes multinationales

peuvent acheter les diamants centrafricains à bas pris pour le revendre très chers vu leur statut illicite.

Conclusion

Depuis les diamants de Bokassa et Giscard, le diamant centrafricain n’a eu de cesse d’attiser les convoitises.

La Centrafrique est le 10ième producteur mondial de diamant, première source de revenu du pays.

Réputé pour sa bonne qualité le diamant centrafricain est donc l’un des plus recherché au monde.

Cependant, la production de cette richesse nationale ne profite pas à la population centrafricaine.

D’une part, les milices armées qui sévissent dans le pays l’utilisent illégalement

pour financer leurs activités et acheter des armes.

Sois en contrôlant les mines de diamants, en établissant des réseaux illicites de distribution,

ou en taxant les mineurs et autres acteurs du secteur.

D’autre part, des opérateurs économiques nationaux et internationaux

profitent de la faiblesse de l’Etat pour s’adonner au trafic illicite de la pierre.

Certainement, les diamants centrafricains n’ont pas fini de susciter les convoitises.

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